Dans l’Action Sociale :

Et un article de la depêche AFP :
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Des agents Pôle emploi sur scène pour 1H30 d’auto-dérision qui “fait du bien” (REPORTAGE)
Par Sylvie HUSSON
PARIS, 2 mai 2012 (AFP) – Pour “décompresser” et lutter contre la sinistrose, des conseillers de Pôle emploi, rebaptisé “Popole”, ont monté à Paris une comédie comme exercice d’auto-dérision et “exutoire”, y compris pour le public en grande partie composé de collègues.
“Ce spectacle aurait pu être sponsorisé par l’Assurance maladie car il aide à lutter contre les risques psycho-sociaux”, avance, sourire en coin, Kader Nemer, l’auteur de “Chez Popole”.
Entré à l’ANPE en 2008, cet ex-comédien de 33 ans incarne un directeur général de Pôle emploi à talonnettes, qui rêve de redevenir “président du vrai travail”.
2020: les demandeurs d’emploi ont une puce intégrée dans le bras, Popole a fusionné avec La Poste et la Française des jeux et vend des mutuelles remboursant les antidépresseurs.
Pour “montrer son mécontentement sur la tournure des choses, il y a des moyens comme la grève et les arrêts maladie et puis, il y a aussi le théâtre et l’humour”, explique M. Nemer.
Demandeurs d’emploi, employeurs, agents et cadres du Pôle emploi, représentants syndicaux… “tout le monde est tourné en dérision”, insiste William Dhieux, l’un des douze agents sur scène.
Un chômeur transporte avec un chariot une pile de dossiers pour renouveler son dossier d’ASS (Allocation de solidarité spécifique), un autre tente une prise d’otages dans l’indifférence. Un grabataire se voit refuser une dispense de recherche d’emploi.
Les conseillers, déprimés ou irascibles, enchaînent les Sad, “suivis annuels dépersonnalisés”, sous le chronomètre de leur manager.
Après avoir licencié 1.800 personnes (ndlr: autant de postes ont été supprimés à Pôle emploi en 2011), le DG bling-bling décide de recruter l’année suivante 1.000 CDD (ce qui a été fait au printemps 2012) pour ouvrir les agences le week-end. Les chômeurs présents sont enrôlés.
“C’est parti d’une rigolade pour parodier notre quotidien”, se souvient Anne Bernès, une collègue de l’agence Stendhal (Paris 20e) où est né le projet. Au départ, l’idée était de réunir les conseillers venus de l’ANPE et des Assédic “pour résorber la petite guéguerre entre agents” après la fusion en 2009, rappelle M. Nemer.
Puis, l’objectif s’est élargi : “faire du bien à un maximum de collègues”. Des demandeurs d’emploi prêtent même leurs compétences techniques.
“Ce n’est pas simple pour les conseillers de recevoir les demandeurs d’emploi. Pour tenir le coup, il faut rire, ça nous permet de décompresser”, explique M. Nemer. Pour Mme Bernès, qui “adore” son travail, “c’est un exutoire”.
Même écho à la sortie de la première représentation, devant 500 personnes le 29 avril dans un théâtre parisien. Le public était composé essentiellement d’agents. Samia, venue de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) confie : “ça fait du bien de partager”, “c’est ça la réalité, des outils qui ne fonctionnent pas, des bureaux pris, l’ancienne qui ne se laisse pas faire”. “Ce n’est pas exagéré”, assure Monique, une conseillère proche de la soixantaine.
La pièce a été jouée entre les deux tours car, explique M. Nemer, elle “est un message au futur président”. Une deuxième représentation est programmée, le 11 mai au théâtre de Ménilmontant (20e).